théâtre


Electre


28, 29 et 30 octobre + 4, 5 et 6 novembre 2011

à 20H30


tarif unique 10 €


réservations collectiflefoyer@gmail.com




texte d’Euripide

traduction originale de Florence DUPONT

mise en scène de Renaud BOUTIN

scénographie de Candice MOISE

lumières de Pierre DAUBIGNY

musique de Grégoire DAVY

sélection de Thierry DUPIN

costume de Nicole GENOVESE

maquillages d’Alice FAURE

vidéos de Vincent ROUSSEAU

avec : Louis CARATINI, Sébastien CHASSAGNE, Benoît FELIX-LOMBARD, Françoua GARRIGUES


visuel : Francesco COLLAVINO



Vingt-cinq siècles après Euripide, sous un chapiteau désert, une tribu de clowns neurasthéniques s’essaye à la tragédie en attendant joyeusement le déluge…

Doit-on en rire ou en pleurer?

«Le mieux est de ne pas chercher à s’y retrouver.»



Le mythe d’Electre revu par Euripide, l’enfant terrible des tragiques grecs, frappe par sa modernité, sa radicale étrangeté. Sans chercher l’actualisation ni la reconstitution archéologique, cette nouvelle traduction en souligne la théâtralité ludique et musicale. En déplaçant l’espace tragique dans le no man’s land des frontières, Euripide nous place d’emblée dans une zone mal définie, en équilibre instable entre burlesque et émotion. Le mélange des genres règne ; les artifices théâtraux sont impudiquement exhibés ; le code tragique malmené.



On trouvera peut-être bien peu sérieuse cette vision de la tragédie, ainsi débarrassée des casseroles, des clichés qu’elle traîne depuis vingt-cinq siècles.

Mais l’essence du tragique n’est-elle dans la chute, le plus universel des gags ?

Dans la férocité du public venu rire des erreurs et des errances du comédien monté sur scène, armé de son seul dénuement ?

N’est-elle pas, chaque jour, dans la folie de celui qui veut encore jouer, au lieu d’aller cueillir les fruits de la croissance ?

Rions de ce joyeux bordel, où pointe l’inquiétude des lendemains qui déchantent.

Mont(r)ons l’échec d’une tragédie. Un ratage lamentable et programmé comme tel.

Allons dans cette zone incertaine, chercher le déséquilibre, l’instabilité, la folie.

Qu’on ne sache jamais si nous jouons vraiment, s’il faut rire ou s’apitoyer de notre nullité.

Restons imbéciles. Parlons sans comprendre.

Comme une langue étrangère.

Retrouvons l’inquiétude joyeuse des clowns, des enfants et des Fous.

Le sang des Atrides coule encore.

Rions.